Domicilier son entreprise est une étape obligatoire, pas une option administrative parmi d'autres. Sans adresse de siège social déclarée, aucune immatriculation n'est possible auprès du guichet unique de l'INPI, quel que soit le statut juridique choisi — micro-entreprise, SARL, SAS, SASU ou SCI. C'est cette adresse qui détermine votre centre des impôts de rattachement, le montant de votre Cotisation Foncière des Entreprises (CFE), et qui figure sur l'ensemble de vos documents commerciaux et légaux. Ce guide fait le tour des règles en vigueur en 2026 pour chaque forme juridique, des pièges à éviter, et des critères pour choisir entre domiciliation chez soi, chez un tiers, en société de domiciliation ou en local commercial.
Domicilier une micro-entreprise (auto-entrepreneur)
L'obligation de domiciliation s'applique à tous les auto-entrepreneurs, quelle que soit la nature de l'activité — commerciale, artisanale ou libérale. Trois options principales existent, sans hiérarchie légale entre elles : le domicile personnel, une société de domiciliation agréée, ou un local commercial dédié.
Domicilier chez soi est gratuit et autorisé sans limitation de durée, propriétaire ou locataire, à condition que l'adresse corresponde à votre résidence principale et que rien dans le bail ou le règlement de copropriété ne l'interdise. Si une clause s'y oppose, la domiciliation reste possible mais limitée à cinq ans. Les locataires doivent prévenir leur propriétaire par lettre recommandée. Attention : l'adresse personnelle devient publique, visible sur le Kbis, les bases INSEE et Infogreffe.
Pour préserver la confidentialité et projeter une image professionnelle, une société de domiciliation agréée par la préfecture (article L123-11-2 du Code de commerce) reste la solution la plus utilisée en B2B. Les offres en ligne démarrent autour de 10 à 15€/mois pour une formule de base avec réexpédition de courrier, et peuvent grimper à plusieurs centaines d'euros pour des services complets.
Ce que ça change pour la CFE
- ✓ Redevable même à domicile sans local dédié : l'absence de bureau séparé n'exonère pas
- ✓ Base minimum communale calculée sur le CA de l'année N-2 (généralement 250€ à 597€ pour un CA ≤ 10 000€ en 2026)
- ✓ 1ère année d'activité : exonération automatique
- ✓ 2ème année : abattement de 50% sur la base d'imposition
- ✓ CA nul ou inférieur à 5 000€ : exonération totale maintenue
Domicilier une SARL, une SAS ou une SASU
Pour les sociétés, les mêmes grandes options existent — domicile du dirigeant, société de domiciliation, local commercial — avec quelques nuances propres au statut de société.
Une SASU ou une SARL peut être domiciliée chez son dirigeant sans limitation de durée, si l'adresse correspond à son habitation personnelle, que le bail ou le règlement de copropriété ne s'y oppose pas, et que le propriétaire (si le dirigeant est locataire) donne son accord explicite. Avantage fiscal souvent négligé : la possibilité de facturer un loyer déductible à sa propre société, dans la limite d'un montant raisonnable proportionnel à la surface dédiée.
Pour une société qui reçoit des clients B2B, une adresse de domiciliation commerciale renforce la crédibilité face à une adresse résidentielle, et permet de choisir une ville ou un arrondissement stratégique. Pour les activités physiques (accueil de public, stockage, ateliers), le local commercial reste la seule option adaptée ; les pépinières d'entreprises offrent un cadre avantageux mais transitoire.
Domicilier une SCI
La Société Civile Immobilière suit des règles similaires, avec une spécificité : son siège social peut être fixé à l'adresse de l'un des associés ou dans un immeuble détenu par la société elle-même, ce qui est fréquent pour les SCI familiales. Une société de domiciliation reste possible, notamment pour les SCI de gestion locative qui souhaitent séparer leur adresse administrative de leurs biens immobiliers.
Changer d'adresse de domiciliation
Tout changement d'adresse — déménagement personnel, résiliation d'un contrat de domiciliation, transfert de siège — doit être déclaré en ligne via le guichet unique de l'INPI, quel que soit le statut juridique. Ce changement entraîne systématiquement un nouveau numéro SIRET ; le numéro SIREN, lui, reste inchangé quel que soit le nombre de transferts. Un changement de commune ou de département entraîne un nouveau calcul de la CFE, qu'il est recommandé d'anticiper auprès du service des impôts des entreprises de la nouvelle adresse.
